Andrianambinintsoamanitriniaina Rakoto, directeur du collège Paul Minault, a expliqué la nouvelle stratégie pour retrouver la gloire d’antan du collège.

L’heure est au bilan pour le 110 ème anniversaire du collège Paul Minault. Le résulat se présente comme une pyramide renversée.

Le collège Paul Minault fête son 110 ème anniversaire d’existence cette année. Ainsi, le collège n’a pas changé de nom mais sa notoriété s’est éclipsée au fil des années. « Paul Minault a sorti durant son temps de gloire de personnalités éminentes telles qu’Albert Zafy, Jean Nalisoa Ravalitera, Armand Rasoamiaramanana, feu Rakotovao Razakaboana etc… », relate Asolo Raharihasina dit Ramose Radofa, un enseignant du collège.

Cette notoriété du collège a été acquise grâce à la compétence de ses enseignants. « Les enseignants du collège étaient diversifiés durant mes études, entre 1964 et 1970. Ils étaient composés de Hollandais, d’Anglais comme Miss William, des enseignants français, madame et monsieur Robequin et également des Malgaches. Ce sont des enseignants qualifiés car beaucoup ont un diplôme de Licence, Licence ès Lettres ou ès Sciences », se souvient le professeur Rafolo Andrianaivoarivony, responsable de la formation doctorale au sein de la faculté des Lettres et sciences humaines de l’Université d’Antananarivo.

Nouvelle stratégie

Mais la politique du collège ne s’est pas limitée sur l’acquisition du savoir. L’éducation des élèves a pris également une place importante. « La discipline, l’instruction civique et religieuse constituent des éléments prépondérants dans nos études. Ainsi, quand nous arrivions en retard de cinq minutes après sept heures et trente minutes, l’heure de la rentrée, nous n’avions plus le droit d’entrer dans un cours. Par contre, nous étions collés dans une salle d’étude sous la surveillance d’une personne pour consolider notre connaissance en attendant une nouvelle rentrée de cours », souligne toujours le professeur.

Ce temps est révolu.

« Le collège a été victime d’une mauvaise gestion. L’intérêt pédagogique a été délaissé devant l’intérêt de l’église. Car le souci a été depuis 1990, le mode d’alternance du directeur, luthérien ou protestant de l’église de Jésus Christ à Madagascar connu sous le sigle de FJKM au détriment d’une politique d’amélioration de l’éducation », explique Andrianambinintsoamanitriniaina Rakoto, directeur du collège Paul Minault. Le résultat s’est ainsi dégradé. « Il fut un temps où le résultat des étudiants admis en baccalauréat était nul dans ce collège » se plaint Rafolo Andrianaivoarivony.

Pour remédier à ce problème, le directeur envisage une nouvelle stratégie entre autres l’amélioration de l’environnement de l’éducation. « Nous allons mobiliser tous les anciens du collège pour rehausser sa valeur. La recherche d’une aide financière pour améliorer les infrastructures éducatives et la sollicitation des compétences de nos anciens étudiants font partie de cette stratégie », conclut Andrianambinintsoamani triniaina Rakoto.

Vonjy Radasimalala
13/01/2011
L’express de Madagascar